Comment se retrouver un dimanche matin de décembre à manifester devant un commissariat ?

Répondre à cette question, c’est mettre le doigt sur les dangers qui guettent notre état de droit. Hier Mathéo, jeune militant étudiant, se rendait tranquillement à la manif contre la loi sécurité globale. À peine sorti du métro, fouille des forces de l’ordre. C’est déjà un premier problème. Dans son sac se trouvent plusieurs fumigènes, aussitôt la police décide donc de le placer en garde à vue. Il faut mesurer ce qui se joue, il s’agit d’une garde à vue pour des fumigènes. Combien de cheminots, de gaziers ou encore d’électriciens seraient susceptibles d’être appréhendés pour ce motif lors de leurs nombreuses manifestations ? À chaque manif nous utilisons des torches pour être visibles et donner une dimension « festive » à nos mobilisations. En tant que cheminot c’est même un peu notre marque de fabrique. Jamais cela n’a posé problème.

Mais aujourd’hui les choses ont changé. Le gouvernement s’enfonce dans l’autoritarisme, et tente clairement d’intimider celles et ceux qui se mobilisent contre l’ordre social établi. Mathéo militant violent ? Non. Mathéo c’est avant tout un étudiant qui pendant la première partie du confinement à Marseille a passé ses journées à récupérer des colis alimentaires pour les livrer aux personnes en difficultés. Mathéo c’est un militant de la solidarité. C’est un militant révolutionnaire oui, mais pacifiste. C’est un étudiant soutenu par l’ensemble de ces professeurs. En réalité que lui reproche-t-on ? De vouloir se mobiliser contre une loi liberticide et attentatoire à nos libertés fondamentales. En utilisant le recours à la garde à vue, cette une pression insidieuse que tentent d’imposer les forces de l’ordre. Le message est clair : allez à l’encontre des décisions du pouvoir en place et nous vous ferons taire, par tous les moyens.

Devant le commissariat ce sont des citoyens de tout horizon qui sont venus apporter leur solidarité à Mathéo et ont pu écouter les mots forts de sa maman, mobilisée hier à Marseille contre la loi sécurité globale et qui a pris le train à 5h du matin pour être présente pour soutenir son fils. Aux alentours de 13H, Mathéo est enfin libéré. Soulagement. Mais combien d’autres sont dans un silence étourdissant pris dans l’étau d’une police aux ordres ?

Mais dans cette période de combats politiques intenses, tous les moments qui réchauffent le cœur sont à prendre comme de grandes bouées d’oxygène.

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