Chronique de l’extrême-droite, épisode 5 : l’argent, et les digues qui sautent.

On savait l’extrême droite championne du système, mais on vient d’avoir avec Louis Aliot un exemple magistral. Perpignan c’est la prise de guerre du RN. Une préfecture qui tombe dans l’escarcelle de l’extrême droite. Une prise importante, c’est vrai, mais surtout destinée à cacher l’échec du parti de Marine Le Pen à conquérir des mairies. On nous promettait une vague frontiste, c’est plutôt une mer asséchée. Un échec qui ne doit pas nous faire baisser la garde ; mais au contraire renforcer notre détermination à mettre définitivement sous l’éteignoir ce parti.

L’argent et le RN, voilà un lien qui se tisse depuis des générations. On pense bien évidemment à la fortune acquise « curieusement » par Jean Marie Le Pen où au détournement de fonds publics mis en œuvre au Parlement Européen, via l’affaire d’assistants fictifs.

À peine élu Maire de Perpignan, Louis Aliot ne déroge pas à la règle. Sa première décision est de se faire voter une augmentation de salaire de 17%, soit un montant de 60 000 euros sur l’intégralité du mandat. Dans un département où le taux de chômage est de 23% avec des pointes à 83% dans le quartier Saint-Jacques, situé en centre-ville, et où la pauvreté atteint aujourd’hui 32%, l’un des taux les plus élevés en France, cette décision sonne comme une insulte à l’égard de celles et ceux qui souffrent. Pourtant, elle n’est pas surprenante. Le FN, aujourd’hui RN, est un parti qui s’inscrit dans une idéologie ultralibérale, pro patronat. Dans les petites communes où les édiles frontistes sont aux affaires, ils utilisent l’argent public à leurs fins personnelles. À Hayange, Fabien Engelmann a, dès son élection en 2014, fait voter par le conseil municipal une majoration de 15 % de son salaire le portant ainsi à plus de 2 800 euros mensuels. Dans une région sinistrée par le chômage, ravagée par la désindustrialisation comme je l’explique dans mon livre « Au cœur de la haine », c’est un message clair aux habitants. Priorité à ma fortune personnelle, le reste débrouillez-vous.

imageÀ Cogolin, commune du Var, le Maire et ses élus se sont augmentés en 2014 de 307 et 80 euros de plus par mois que leurs prédécesseurs. Les exemples sont légions. Partout où le RN arrive aux affaires, les salaires explosent et l’argent public est souvent utilisé de manière « douteuse ».

Et après on nous dira que le RN est un parti anti-système ? Non, c’est LE parti du système ! Pas étonnant que les médias lui déroulent le tapis rouge.

Autre phénomène à l’œuvre depuis quelques années mais qui devient particulièrement inquiétant, c’est la collusion entre la droite et l’extrême droite. On cite souvent en exemple Thierry Mariani, ancien député LR aujourd’hui Députée Européen RN. Derrière cette figure de proue, on voit se dessiner un peu partout des alliances à géométrie variable où la droite accepte de s’allier avec l’extrême droite. C’est la fameuse théorie de l’union des droites, un temps porté par Laurent Wauquiez, et aujourd’hui défendue par Marion Maréchal Le Pen, Éric Zemmour. En terme « historique » on fixe à 1977 le premier « rapprochement » avec l’élection de conseillers municipaux FN sur des listes d’union des droites à Toulouse, Millau, Forcalquier, Donzenac et Villefranche-sur-Mer. Mais à l’époque il s’agit d’un phénomène marginal, et souvent les membres sont exclus du parti comme ce fut le cas de Charles Millon à Lyon en 1998.

Aujourd’hui, les alliances se font au grand jour. Terminées les négociations dans une arrière salle de café, on assume ce rassemblement. On le revendique même. Ce qui vient de se passer à Avignon est une nouvelle alerte que les forces progressistes doivent prendre au sérieux.

Pour gagner la présidence de la communauté d’agglomération du Grand Avignon, le Maire divers droite de Vedène Joël Guin, a sollicité les voix de l’extrême droite pour battre la Maire socialiste d’Avignon, Cécile Helle. Au RN, les appuis ne sont jamais gratuits. C’est ainsi que par ce jeu d’alliance le maire Rassemblement national du Pontet Joris Hébrard a été élu à la deuxième vice-présidence. Petit à petit les digues sautent.

A Perpignan, ce sont deux membres de la liste LREM qui ont décidé d’apporter leur soutien à Louis Aliot. En face la gauche a présenté au premier tour deux listes …

Quand le camp de la haine se rassemblent, le champ des forces progressistes ne peut se diviser. Sa responsabilité est immense.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s