Confinement jour 28. Impossible de panser nos plaies béantes avec ceux qui ont tiré les balles. Les coupables d’aujourd’hui, ne seront pas les architectes de demain. Il nous faut des fondations solides, pas des planches pourries.

« Que va dire Emmanuel Macron ? ». Cette question aura agité toute la journée les sites d’infos, les chaines d’actualités, les réseaux sociaux. Chacun y va de son commentaire, de son info « off » … Nul doute que les français seront ce soir devant leur poste de télévision pour écouter le Chef de l’État.

Avec cette 4èmeintervention, la stratégie macroniste est maintenant bien huilée. Terminée l’apologie du forum de Davos, la soumission au marché, place au Président rempart du service public hospitalier, pourfendeur de libéralisme et champion de la « souveraineté » industrielle. Sincèrement il faut se pincer après chaque discours tant le changement de doctrine est énorme. On connaît l’expression « changer de veste », ici on peut carrément parler de changement du « costume intégral ». Dans tout cela, ou se trouve la sincérité ? Sans doute à la marge. Les mots prononcés par le Président, son 1erministre et ses plus fidèles lieutenants répondent plus à une stratégie de communication qu’à une réelle conversion idéologique.

 

« Car si une chose aura marqué le début de cette crise, c’est le mensonge ».

 

Car si une chose aura marqué le début de cette crise, c’est le mensonge. D’abord sur les masques, où le gouvernement a d’abord déconseillé son utilisation générale en raison d’une soi-disant inefficacité, avant d’envoyer sa porte-parole dire que les citoyens ne « macron covidsavaient pas mettre un masque ». En vérité, cet écran de fumée poursuivait un seul but, cacher le fait que nous n’avions aucun stock. Le symbole de ce renoncement se trouve dans les Côtes d’Armor. C’est là-bas que git le cadavre de l‘usine de Plaintel, spécialisée dans la fabrication des masques, fermée en 2018 par Honeywell, qui a délocalisé la production en Tunisie. Ensuite, le mensonge s’est exprimé sur le sujet des tests. Pourquoi refuser de tester massivement la population comme le réclamait l’OMS ?  Même réponse que pour les masques, l’impréparation. Prêt à tout pour échapper à ses responsabilités, le gouvernement n’hésitera pas à envoyer au front Jérôme Salomon. Celui affirmera le 17 mars, à tort, que « la France n’est pas visée » par la consigne de l’OMS. Il sera d’ailleurs désavoué le lendemain par le président du Conseil scientifique de l’Élysée.

 

« On veut des masques et des tests, tel pourrait être le nouveau slogan national. »

 

Nous n’étions pas prêts pour affronter cette crise, mais nous ne sommes pas non plus prêts pour en sortir. Tous les experts scientifiques le disent, pour sortir du déconfinement sans risquer une deuxième vague qui serait catastrophique, il faut des masques et des dépistages massifs à base de tests. Or pour le moment, les masques et les tests ne sont pas présents en quantité suffisante. On bricole à droite et à gauche, mais aucune stratégie sérieuse n’est mise en place. C’est sans doute cela le plus inquiétant. La dégradation de notre système de santé, comme de recherche, est tel que nous sommes aujourd’hui incapables de faire face à ce virus. « On veut des masques et des tests », tel pourrait être le nouveau slogan national. Emmanuel Macron n’y répondra sans doute pas, il ne peut pas. Nous avons liquidé nos usines, sous-traité en masse en Chine … L’appareil industriel français n’a eu de cesse d’être liquidé sur les trente dernières années. Avec quel résultat ? Gaver de dividendes quelques patrons mais incapable de fabriquer des masques pour protéger des soignants. Aflligeant.

Ce soir l’OMS a pris une position importante, sans vaccin il sera impossible de mettre fin à l’épidémie. Le Président du Conseil national de l’Ordre des médecins, Patrick Bouet, souligne lui que les médecins « n’ont pas plus de moyens qu’au début de la crise ». L’INSERM de son côté prône une fin du confinement en mai, voire juin. Ça va être long.

 

Les coupables d’aujourd’hui, ne seront pas les architectes de demain. Il nous faut des fondations solides, pas des planches pourries.

 

Et le monde d’après ? On nous rabâche les oreilles avec l’union nationale. Inutile de faire semblant, je n’en veux pas.    Se retrouver autour de la même table que ceux qui ont fermé des milliers de lits d’hôpitaux, éborgné des manifestants, sacrifié nos services publics … Non merci ! Certain (EELV) parle de grenelle. À voir, mais là aussi les réserves sont énormes. J’y reviendrai plus largement ce soir après les annonces d’Emmanuel Macron. Il faudra, n’ayons pas peur des mots, un grand coup de balai. Je ne suis pas un défenseur du dégagisme, mais la période nécessitera des changements radicaux. Impossible de panser nos plaies béantes avec ceux qui ont tiré les balles. Les coupables d’aujourd’hui, ne seront pas les architectes de demain. Il nous faut des fondations solides, pas des planches pourries.

Le logiciel macaroniste, conçu sur une personnalisation à l’extrême du pouvoir de « Jupiter », fils spirituel de Jacques Attali, est incompatible avec les exigences que placent les français dans « le jour d’après ». Un exemple ? Un sondage réalisé aujourd’hui par Odoxa montre que 89 % des gens sont favorables – dont 47 % tout à fait – à la relocalisation des entreprises « même si cela augmente » le coût des produits pour les consommateurs. 93 % souhaitent aussi systématiser la présence d’un label identifiant les produits 100 % « made in France ».

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