Confinement jour 26. Un danger guette. Allons-nous comme en 2008, au lendemain de la crise financière, nous lancer dans une reprise économique qui piétine la lutte contre le réchauffement climatique ? L’écologie est la clé du jour d’après. Elle doit être au cœur de la construction de notre nouveau monde.  

Déjà le 4èmesamedi de confinement. Une éternité. On peut aimer la solitude, trouver des occupations, se découvrir une passion pour la cuisine… au final cela commence à être pesant. Avons-nous le droit ne nous plaindre ? C’est vrai après tout, je ne suis pas soignant, caissier, ébouer, livreur, urgentiste… Je ne suis pas en première ligne, je ne m’expose que rarement au risque de contamination… Mon quotidien, terrasse, footing, l’écriture pourrait s’apparenter à des vacances quand d’autres risquent leur vie et sont au bord de l’épuisement. Ai-je le droit de me plaindre alors qu’on comptabilise 8 décès dans la sécurité privée, 3 à la RATP, plusieurs dans le commerce ? Ai-je le droit de me plaindre quand des soignants côtoient la mort au quotidien ? Plus j’y pense, plus cela me semble déplacer. Pourtant, j’en ai marre. Marre d’être enfermé chez moi, marre de subir, de tourner en rond… Les séries et les livres, c’est bien mais ça va un moment !

 

« Où comment souffler le chaud et le froid sur une population sous tension »

 

Ce matin pas de footing. Je descends simplement chercher les journaux. 9H30, et déjà il y a du monde dans la rue. Beaucoup de monde, beaucoup trop de monde ! Il faut dire que depuis dix jours, les annonces contradictoires des uns et des autres ont épuisé un moral déjà bien bas. Nous sommes passés des propos initiaux d’Édouard Philippe ouvrant la discussion sur le déconfinement à un 1erMinistre qui affirme devant les parlementaires que « l’heure du confinement va durer ». Où comment souffler le chaud et le froid sur une population sous tension. Il n’y a rien de pire que de nous laisser entrevoir la fin du tunnel, pour nous dire finalement plus tard que, non, ce n’est pas possible. Je ne supporte pas cette stratégie de communication. Dites-nous que nous sommes confinés jusqu’au 15 juin et au moins on sera fixé ! Emmanuel Macron doit s’exprimer lundi sur ce sujet. Espérons un peu de franchise et de vérité, cela tranchera avec la catastrophique début de gestion de crise.

 

« Les mots sont fluides, ils glissent »

 

31K13kyV5oL._SX305_BO1,204,203,200_Nous sommes enfermés, alors autant mettre ce temps à profit pour faire des choses d’habitudes impossibles. Pour moi il s’agit de solder les livres qui s’entassent dans ma bibliothèque. Aujourd’hui destination le Vietnam avec « Sous le ciel qui brûle » écrit par Hoai Huong Nguyen. Un livre qui a reçu en 2018 le prix CCGPF cheminots du deuxième
roman. Je vais le dévorer en moins de deux heures. Les mots sont fluides, ils glissent, nous font voyager dans un pays scindé en deux par la guerre sous le regard d’un homme épris d’amour pour la langue française. Passionnant.

 

« Allons-nous comme en 2008, au lendemain de la crise financière, nous lancer dans une reprise économique qui piétine la lutte contre le réchauffement climatique ? »

 

Comment construire le monde d’après ? Patrons, syndicats, partis politiques, associations, intellectuels, citoyens… Tout le monde y réfléchit, propose, écrit… Les tribunes dans les journaux foisonnent. On ne compte plus les pétitions en ligne et les appels à les signer… Et déjà, deux visions du monde s’affrontent. Dans un interview accordé au Figaro, le patron du MEDEF Geoffroy Roux de Bézieux pose sans ambages les conditions de la reprise économique du pays : « il faudra bien se poser la question tôt ou tard du temps de travail, des jours fériés et des congés payés ».  Au moins on est fixé ! Pour eux le monde d’après c’est la même chose, avec encore moins de droits pour les arton6581salariés. Agnès Verdier-Molinié, pourfendeuse en chef de la dépense publique, elle s’étrangle devant la possibilité de geler le versement des dividendes aux actionnaires « priver de tout ou partie de leurs dividendes les actionnaires des grandes entreprises est proprement incroyable ».  Ils s’accrochent à leur vieux monde. En tout cas, il existe une constante. Le mot écologie est absent de leur logiciel. Et un danger guette. Allons-nous comme en 2008, au lendemain de la crise financière, nous lancer dans une reprise économique qui piétine la lutte contre le réchauffement climatique ? Pour rappel celle-ci avait entraîner une hausse de 5% des émissions de CO2 en 2010. L’écologie est la clé du jour d’après. Elle doit être au cœur de la construction de notre nouveau monde.

 

« En premier lieu, il est impératif de conditionner les aides octroyées aux entreprises à une exigence bas carbone »

 

Comment faire ? En premier lieu, il est impératif de conditionner les aides octroyées aux entreprises à une exigence « bas carbone ». Par exemple, pas d’aides à un constructeur automobile qui produit des SUV de plus en plus gros. Il faut aussi en finir avec les financements de plan qui ne présentent aucune utilité et sont ravageurs pour l’environnement. Je pense par exemple aux immenses zones commerciales qui sont néfastes pour les sols. Au sein de l’Union Européenne, il existe un dispositif méconnu : la taxonomie. Il s’agit d’une classification des activités économiques en fonction de leur empreinte écologique. On pourrait utiliser cet outil pour dresser un plan de relance des entreprises. Bien évidemment, l’objectif n’est pas de « couler » les entreprises peu vertueuses mais bien de les amener sur un autre chemin. Les solutions sont légions. On pourrait par exemple engager un grand plan de rénovation énergétique des logements, c’est utile dans la lutte contre le réchauffement climatique et créateur de milliers d’emplois. Et que dire du ferroviaire ? Il faudra là aussi lancer un grand plan d’investissement pour rénover le réseau, relancer le fret et rouvrir des lignes pour mettre fin au tout routier.

Depuis le début du confinement, on découvre des trésors d’ingéniosité chez les citoyens. B979498742Z.1_20160822165745_000+G847E47J6.1-0Plus surprenant, on voit naître des projets pour remettre debout des usines détruites par des années de capitalisme effréné et sauvage. Dans le Nord, par exemple, d’anciennes ouvrières de l’usine Levi’s, réfléchissent à ouvrir une coopérative de production de masques sur le site de leur ancienne usine délocalisée en 1999 en Turquie.

Définitivement ces ouvrières sont notre richesse.

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