« Dès les premiers jours, les gels hydro alcooliques ne sont que très peu disponibles (…) Il a fallu attendre le décès d’une collègue pour que quelque chose se passe » Témoignage de Valérie (*) qui travaille au Carrefour de St Denis

Témoignage de Valérie (*) qui travaille au Carrefour de St Denis

Je travaille sans m’absenter depuis le début de cette épidémie. Pour ne pas laisser mes collègues face à ce nombre monstrueux de client qui se présente et pour éviter les sanctions, je suis toujours présente.

Et pourtant, tous les jours je constate que rien n’est assuré pour notre sécurité totale. Dès les premiers jours, les gels hydro alcooliques ne sont que très peu disponibles et ne le sont qu’à certains endroits spécifiques et sont très vides vidés. On nous a promis que nous pouvions aller nous laver les mains dès que nous le voulions sauf que quand vous avez une très longue file d’attente avec des clients impatients il est impossible de faire cela.

xlogo-carrefour-carrefour.jpg.pagespeed.ic.4RqPuil4RZLes clients viennent en masse pour vider les rayons suite au mouvement de panique qui a été créé et l’affluence n’était totalement pas maitrisée.

Il était flagrant que nous étions dans un endroit où il ne faut pas être et personne ne respecte, jusqu’à aujourd’hui, les distances de 1 mètre entre les personnes.

Les Plexiglas ont été installés mais cela ne suffit évidemment pas. Jusqu’à aujourd’hui, nous étions souvent placées dans le même ilot avec une autre collègue et donc le mètre de distance n’est pas respecté. Les clients pour la plupart ne respectent toujours pas les gestes barrières, le confinement non plus, ils reviennent plusieurs fois dans le magasin, parlent en postillonnant, toussent de façon « ouverte ». Ils osent même, pour certains, vous dire « arrêtez de flipper et travaillez plus vite ».

Il est évident, vu la vague de contamination qui arrive sur notre région, que des collègues, ou moi-même, sont contaminés.

Nous travaillons comme des machines, sortons tous les jours en prenant d’énormes risques pour nos vies pour le SMIC, par peur des remarques des supérieurs, des sanctions, par solidarité envers nos collègues. En guise de récompense, on nous donne 1 000 € parce que nous prenons le risque d’être infecté par un virus.

Aujourd’hui, une collègue de notre magasin est décédée à cause du Covid19.

Si vous vous rendez au magasin aujourd’hui, 27/03, vous verrez que des mesures plus strictes sont prises, mais il a fallu attendre le décès d’une collègue pour que quelque chose se passe.

Faut-il une grève pour que le groupe Carrefour et que les autorités le comprennent ?

« Restez chez vous » nous dit-on. C’est ce que je compte faire. »

Monsieur, je compte sur vous pour que cette situation soit connue au grand public et les choses bougent pour toutes les caissières et caissiers de France avant que de nouvelles personnes meurent…

(*) le prénom a été changé.

 

 

 

 

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