Affaire Delevoye où le symbole d’une macronie gangrenée par l’argent !

« De bonne foi », depuis plusieurs jours ces mots sont sur la bouche de l’ensemble des ministres du gouvernement, 1er ministre compris. Pour eux, pas d’affaire Delevoye. Tous parlent « d’un simple »oubli qui n’entache en rien l’intégrité du « monsieur réforme des retraites ».   Mais de quoi parle-t-on ? Portant la moralisation de la vie politique comme une urgence absolue, et à juste titre, Emmanuel Macron souhaitait marquer son quinquennat par la probité des membres de son gouvernement. Avec Delevoye, c’est un accro supplémentaire. Et pas un petit ! Jour après jour, nous avons découvert que le ministre cumulait pas moins de … treize mandats, dont onze toujours actifs, contre les trois initialement indiqués !

De sérieuses interrogations pèsent sur des possibles conflits d’intérêts. En effet, comment ne pas s’interroger sur les liens existants entre un homme qui porte comme exigence la destruction du statut des cheminots tout en siègant au sein de la fondation SNCF ? Et que dire de ses fonctions au sein de l’Institut de formation de la profession de l’assurance alors même que son projet de réforme par point va dérouler le tapis rouge aux retraites par capitalisation. Un domaine ciblé depuis de nombreuses années par … le secteur assurantiel.

1279167-prodlibe-2019-2019-1630Aussi étonnant que cela peut paraître, je crois « en la bonne foi » des macronistes quand ils disent ne pas voir de problème avec le cas Delevoye. On touche ici un point central du macronisme, le mélange entre pouvoir politique et milieu privé et financier. C’est l’ADN même de La République en Marche. Cette collusion au plus haut niveau de l’Etat est pour eux « une normalité ». Il ne faut pas oublier qu’en 2017 le gouvernement comptait douze millionnaires ! Si on prend le groupe LREM à l’Assemblée Nationale, 74 députés avaient avant leur élection un salaire de 10.000 euros par mois. Avec l’accession d’Emmanuel Macron au pouvoir, lui-même ex-banquier d’affaires chez Rotschild, une rupture s’est opérée. Les intérêts privés ont pris le dessus sur l’Intérêt général. La finance a pris le pas sur le pouvoir politique. On assiste à un jeu de chaises musicales, particulièrement malsain, qui en dit long sur les connivences entre le milieu des affaires et celui du pouvoir politique. Qui sait aujourd’hui que Muriel Penicaud, ex-DRH de Danone, dispose d’un chef de cabinet issu du MEDEF ? On se souvient aussi du cas d’école Alexis Kholer, qui après avoir siégé au conseil d’administration de STX France entre 2010 et 2012 en tant que représentant de l’État, a rejoint MSC Croisières au poste de directeur financier avant de revenir à l’Élysée en mai 2017. Ce mélange des genres ne cesse d’être alimenté par Emmanuel Macron lui-même. N-a-t-il pas nommé Brune Poirson  comme secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire alors qu’auparavant, elle était lobbyiste en chef chez Véolia ?

Pénicaud, Buzyn, Ferrand, De Rugy … Les conflits d’intérêts ont marqué les deux premières années du quinquennat macroniste confirmant la main mise de l’oligarchie financière sur la puissance publique.

L’affaire Delevoye en est un nouveau symbole. Une urgence s’impose, plus que sa démission, c’est son projet de réforme des retraites qu’il faut jeter aux oubliettes de l’histoire.

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