Regard sur la semaine, épisode 3.

Immigration.« Il faut préparer notre pays aux défis contemporains qui font peur », voilà la phrase qu’a prononcé Emmanuel Macron devant les parlementaires de la majorité lundi 16 septembre. Mais de quoi parle-t-il ? De la lutte contre le réchauffement climatique ? De la casse des services publics ? De l’explosion des inégalités ? Non, Emmanuel Macron parlait de l’immigration. On se demande bien où il a pu aller chercher une telle idée, en tout cas pas dans les cahiers de doléances remontés du grand débat. Pas non plus chez les gilets jaunes, ni chez les syndicats et encore moins dans la population française. Non, l’immigration n’est pas une préoccupation majeure des français. Ce que les français exigent depuis des mois, c’est plus de justice sociale et fiscale, plus de services publics et des choix forts en matière de préservation de l’environnement. Et en plus il ose revendiquer le faire « au nom des classes populaires » ! Avec Jupiter, il faut toujours déchirer le voile affiché au grand jour pour percevoir les véritables intentions. Si Emmanuel Macron veut faire de l’immigration une question centrale de la fin de son quinquennat, c’est par pur calcul électoral. Il veut siphonner la partie la plus droitière des Républicains, tout en scénarisant son duel avec Marine Le Pen pour 2022. Jamais loin quand il s’agit de faire des courbettes devant le chef, la députée Aurore Berger a justifié ce durcissement en disant que « si on (la majorité) veut que le droit d’asile ait encore tout son sens, on ne peut pas accepter qu’il soit dévoyé et que la France soit le premier pays receveur de demandes d’asile avec des gens qui viennent par exemple d’Albanie ou de Géorgie, on voit bien qu’on n’est pas dans une demande d’asile caractéristique et légitime ». Devant une telle démagogie, opposons les faits. Le fameux droit d’asile, c’est environ 150.000 personnes par an pour un pays de 67 millions d’habitants. Quant à la provenance, les trois premiers pays d’origine sont l’Afghanistan, le Soudan et la Syrie… Et oui les faits sont têtus. Mais le président des riches ne s’arrête pas là, il ressort une vielle marotte de l’extrême droite : l’aide médicale d’État (AME). Depuis des lustres, le FN, aujourd’hui RN, agite ce chiffon en faisant croire aux français « qu’ils n’ont pas accès aux soins car on priorise les étrangers ». L’AME, c’est 943 millions d’euros pour 300.000 personnes. L’ensemble des acteurs s’accordent à dire que cela représente 0,5% de nos dépenses de santé ! 0,5% !!!!!!!! Et il est faux de dire que certains seraient remboursés aux étrangers, et pas aux français. C’est même l’inverse : l’AME ne prend pas en charge certains médicaments comme les frais dentaires ou optiques. Ne reculant devant rien, Aurore Bergé souhaite pour « que les Français acceptent de continuer à payer », l’AME soit resserrée « pour être sûrs que ce sont vraiment les risques sanitaires, les sujets graves et immédiats, qui sont pris en charge ». Ou comment voir les étrangers comme des menaces, voire des microbes … Pendant ce temps, plus de 210 services d’urgences sont en grève pour réclamer des moyens humains et financiers. Aucune réponse, pour Macron la priorité c’est l’immigration.

Climat.Nouvelle alerte, nouveau rapport … Les semaines se succèdent, et rien ne semble changer. Que faudra-t-il pour que s’opère une prise de conscience chez notre président ? Un ours blanc qui squatte les jardins de l’Élysée comme le fit jadis Kadhafi ? Sincèrement on commence à se demander quel électrochoc pourrait réveiller les consciences des décideurs aveuglés, volontairement, par les cours de la bourse. Pourtant cette semaine a connu son lot d’alertes. D’abord un rapport issu du travail de chercheurs et d’ingénieurs français, du CNRS mettait en lumière le scénario du pire : la hausse de température moyenne globale atteint 6,5 à 7 °C en 2100. Pour la France cela se traduirait par une baisse de 10% de La Garonne, une hausse des feux de forêts et des précipitations pouvant aller jusqu’à 120 litres d’eau par m² en seulement trois heures ! Cela ne semble pas inquiéter. Quoi d’autre alors ? Dans la région du Centre Val-de-Loire, la rivière Indre a baissé de 60 centimètres en un week-end. Motif : la nappe alluviale est en train de lâcher. Christian Toussaint, référent pour l’eau au sein d’Indre Nature, explique n’avoir « jamais vu ça ». Il explique que « sur les trente dernières années, on a eu seize années avec une moyenne annuelle des températures supérieures à 12°C. Sur les 95 dernières années précédentes, cela n’était arrivé que trois fois … ». Le lac de Belle-Isle, proche de Chateauroux, pourrait même disparaître. Et quoi d’autre encore ? Le Pizol, ce nom ne vous dit sans doute rien. Ce dimanche le Pizol a vu défiler environ 250 personnes, vêtues de noir, venues célébrer une messe d’enterrement, la sienne. Le Pizol, C’était un glacier situé près du Liechtenstein et de l’Autriche, aux alentours de 2 700 mètres d’altitude. Oui c’était, car il a aujourd’hui quasiment disparu du paysage. Depuis 2006, il a perdu 80% à 90% de son volume ! En Suisse, on estime à 500 le nombre de glaciers qui ont disparu depuis 1850. Pas mal pour une semaine non ? Et que dire des millions (4) de personnes, majoritairement des jeunes, qui ont manifesté, vendredi à travers la planète pour défendre le climat ! Quel beau message. Un message qu’Emmanuel Macron a manifestement voulu étouffer dans l’œuf en envoyant les CRS charger le cortège qui marchait pacifiquement dans les rues de notre capitale. Totalement irresponsable ! Et Gabriel Attal, celui qui se déguise en postier pour casser les grèves, qui vient sur France inter dire « qu’il y a eu un virage écologique très fort depuis quelques mois » ! Il faut se pincer pour y croire. On parle du Perpignan Rungis qui va être supprimé pour être remplacé par 25.000 camions ? Ce gouvernement est tout sauf écologique. Après les avoir allègrement gazés, le secrétaire d’État à la jeunesse a tenu à souligner que ce « virage », je parlerai plus pour ma part de demi-tour, était dû « à la mobilisation des jeunes ». Insupportable. Deux mondes s’affrontent désormais, ceux qui jettent des gaz lacrymogènes contre ceux qui luttent pour supprimer les gaz à effet de serre. Un combat de classes.

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