Maintenance du réseau SNCF, où quand le pyromane tente d’éteindre un incendie !

Depuis hier la presse se fait écho d’un rapport de l’EPSF (Établissement Public de Sécurité Ferroviaire) sur l’état du réseau ferroviaire suite à des contrôles qu’il a effectué le long des voies ferrées (14.000 kilomètres) entre avril et mai 2019.

La sécurité ferroviaire mérite mieux qu’une opération de communication. Il est bon de rappeler que l’EPSF, crée en 2006, n’a eu de cesse d’acter la déréglementation ferroviaire, avec pour conséquence une baisse de la sécurité.

Enfermée dans une logique purement comptable, avec pour corollaire le recours massif à la sous-traitance et la casse du statu des cheminots, SNCF et gouvernement n’ont eu de cesse de mener des réformes reléguant la notion de sécurité en dernière position.

SNCF, RER D. Nettoyage des voies, entretien des rouesIl faut saluer le travail des cheminots, qui par leur investissement quotidien, permettent, alors que les moyens humains et financiers ne sont pas à la hauteur des besoins, de maintenir un haut niveau de sécurité ferroviaire.

Ce rapport interroge sur le fond et la forme. La forme, car cela relève d’une pure opération de communication. Le fond, car on peut s’interroger sur le fait que 10 agents de l’EPSF aient visité 14.000 kilomètres de voies ferrés en 1 mois, soit 70 kilomètres par jour !

En revanche le rapport de l’EPSF est bien silencieux sur l’explosion du recours à la sous-traitance, 35 % de l’activité de SNCF Réseau est déjà sous-traité et les deux tiers des travaux sur voies sont externalisés ! En moins de 20 ans, le montant des dépenses de sous-traitance « travaux » a été multiplié par 4 pour atteindre 2,9 Md€ en 2017 et atteint 5,3 Md€ toutes prestations confondues 2. Ces dépenses sont principalement portées par l’activité Voie qui représente, en 2016, 78% de l’ensemble.

La recherche permanent de gains économiques se traduit par, à la fois une précarisation des prestataires qui ne bénéficient pas des mêmes protections sociales que le donneur d’ordre, une diminution de l’expertise des personnels intervenants, une fragilisation des systèmes de sécurité et du travail fait dans les règles de l’art du fait de la contractualisation qui pousse souvent le prestataire à respecter les délais au détriment de la sécurité et de la qualité et à une l’augmentation de la co-activité propice aux dysfonctionnements du fait d’une multiplicité d’intervenants sans règles communes stables et partagées.

Un cocktail explosif  qui remet en cause la qualité, la fiabilité et la sécurité du réseau à long terme !

La sécurité n’est pas un coût, c’est une priorité !

Aujourd’hui la direction et le gouvernement, qui portent une immense responsabilité dans la situation, doivent revoir leur stratégie en matière de ferroviaire.

Les mots ne suffisent pas, il faut des actes !

Il faut des investissements massifs, aussi bien financiers que humains, afin d’assurer un haut niveau de sécurité aux infrastructures ferroviaires voyageurs et marchandises.

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