SNCF, le France Télécom numéro 2.

Depuis lundi, s’est ouvert le procès appelé « France-Telecom », un procès que je qualifierais de procès de la terreur. Une terreur organisée, planifiée par les dirigeants de l’entreprise et validée par l’État, actionnaire majoritaire. Une terreur qui poursuivait un but unique : l’argent !

Alors que certains tentent de nous faire croire qu’il s’agit d’un système unique, qui a existé avec Didier Lombard et s’est arrêté après lui, les faits montrent le contraire. Un exemple cinglant : la SNCF.

Plus de 55 suicides en 2017, nous n’avons pas encore les chiffres définitifs de 2018, mais déjà nous savons que l’année 2019 promet de battre un triste record.

En ce mois de mai 2019, 3 de nos collègues ont mis fin à leurs jours en moins de 48h. Du jamais vu dans l’histoire de notre entreprise.

Un récent sondage, sur lequel l’entreprise refuse de communiquer, montre que la très grande majorité des cheminot-e-s n’ont pas le moral. Comment pourrait-il en être autrement alors que nous sommes en permanence dénigrés, que le service public est en train d’être anéanti pour répondre aux aspirations du patronat européen, et que notre direction se caractérise par une obsession du profit, unique boussole des politiques développées. Là où les cheminots disent service public, la direction dit externalisation et concurrence, là où nous disons sécurité, elle dit rentabilité, là où nous disons trains, elle dit camions !

Ça ne peut plus durer !

Alors que nous alertons depuis de nombreuses années sur le climat social toujours dégradé qui règne dans l’entreprise, la direction de la SNCF préfère faire la sourde oreille et tente même parfois d’étouffer les suicides. Pas de bruits, pas de remises en questions de la politique d’entreprise. Voilà où nous en sommes.

Non, le management par la terreur de France Télécom n’est pas cas isolé, c’est un modèle que les libéraux continuent de mettre en œuvre pour poursuivre, toujours plus loin, leur course effréné vers les profits. Et tant pis si cette course est jonchée de cadavres. Les vies humaines pèsent peu pour celles et ceux qui vivent au rythme des tableurs excels et indices boursiers.

La SNCF est aujourd’hui devenue une machine à fabriquer du mal être au travail. Les cheminot-e-s perdent tout sens en leur travail. Pour nombreux d’entre nous, la stratégie menée est un véritable non-sens social, économique et écologique. Pertes de repères, de finalités dans les tâches à exécuter, mise en danger des cheminots et usagers, sécurité ferroviaire au rabais, voilà la réalité à laquelle nous sommes toutes et tous confrontés.

Combien de suicides devront nous encore pleurer avant que des choix radicaux soient faits ?

L’histoire vous jugera et sévèrement ! Mais elle nous jugera aussi, si nous laissons faire.

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