Et si on taxait l’héritage plutôt que les pauvres ?

Engagés dans une course au concours Lépine sur la fiscalité, les membres du gouvernement rivalisent de médiocrité. En pleine période de remise de prix, l’oscar revient sans problème à Jacqueline Gourault. Son idée lumineuse, faire payer un impôt à tous les français au motif « qu’il faut resserrer le lien entre citoyens et impôts ». Madame la ministre se réveille-t-elle ? Il faut croire que oui. La TVA, impôt le plus injuste par excellence, est payée par tous les français, quel que soit leur situation. Acheter une baguette de pain coûte aussi cher pour un SDF que pour Carlos Ghosn. Enfin, maintenant, les baguettes sont offertes pour l’ex PDG de Renault. Depuis le Japon, il a pris une formule « all-inclusive ».

Unknown.jpgEn revanche, une taxation s’impose si on souhaite s’attaquer aux inégalités. A savoir, celle sur l’héritage. Dans son numéro de février, Alternatives Économiques, titre « le retour des héritiers ». La situation est telle, qu’elle nous rapproche de celle du 19ème siècle. Autrement dit, aujourd’hui, en France, les richesses issues du « passé », comme les nommes Thomas Piketty, progresse plus vite que celles produites par le travail. En clair, mieux vaut être rentier que travailler. C’est problématique, notamment en termes d’égalité. Si on prend l’écart concernant le niveau de vie entre les 10% le plus riches et les 10 les plus pauvres, on obtient un rapport de 1 à 6,8. En revanche, quand on regarde ce même écart pour les patrimoines, on obtient un écart de 1 à 627 !

Si en France, le taux d’imposition sur les successions est progressif, de 8% à 45% (étalé sur 7 tranches), quand on entre dans le détail, on plonge au cœur d’une mécanique qui, une fois de plus, permet aux riches de contourner les règles. L’héritage moyen se situe à 62700 euros (source INSEE), en revanche, pour les 10% les plus riches, le montant du magot grimpe à 325.000 euros. Il serait donc censé de laisser une plus grande part à l’État. La réalité est tout autre. Utilisant les donations multiples ou les cessions d’entreprises, les foyers les plus aisés cassent les règles de taxation de succession, créant encore plus d’inégalités.

Alors on attend quoi pour s’attaquer à cette question ? Un exemple, en 2019, si vous donnez deux fois 60.000 euros (dans un intervalle supérieur à 15 ans), ou une fois 120.000 euros, vous n’êtes pas taxés de la même façon. Il serait bien plus juste de taxer la totalité des transmissions reçues au cours d’une vie.

Dans une France de plus en plus inégalitaire, plutôt que de vouloir mettre des impôts aux plus pauvres, empêchons la création d’une société de rentiers.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s