Gilets jaunes, la délation de la honte !

Si la colère est légitime, si elle peut s’entendre, se comprendre et même recevoir des élans de solidarité, d’autres comportements, de plus en plus nombreux sur les points de blocages, méritent d’être condamnés avec la plus grande fermeté. Nous ne transigerons jamais sur les valeurs de solidarité.

Depuis le début de l’opération, le 18 novembre, de nombreux cas de propos racistes, homophobes et misogynes ont été révélés. Hier, une étape supplémentaire a été franchie.

En effet, lors d’une opération de barrage filtrant menée, à Flixecourt, dans la Somme, des gilets jaunes, qui se sont rendus compte que des migrants étaient cachés dans la cuve d’un camion citerne, les ont interceptés afin de les remettre aux gendarmes. La solidarité s’arrêterait-elle pour eux à la couleur de peau où à l’origine ? De tels comportements révulsent, et font penser aux manifestations nationalistes de 1934.

Et après on s’interroge sur notre absence, nous les cheminot-e-s, à leurs côtés ? Quand certains dénoncent et livrent les migrants aux forces de l’ordre, nous les cheminots ouvrions nos centres de vacances pour les accueillir et leur apporter notre soutien. Quand des directeurs d’établissements demandaient aux contrôleurs de dénoncer les migrants dans les trains, la CGT et les cheminot-e- se sont mobilisés pour faire annuler de telles directives, et ont refusé de les appliquer, les plaçant au dessus de toutes leurs valeurs de solidarité.

De la colère, différentes choses peuvent émerger. Certains à prendre, d’autres à combattre. Le colère libère parfois les instincts les plus primaires, révélant les idées les plus nauséabondes.

La présence de nombreux militants d’extrême droite, du FN et de Debout la France, et de droite extrême, n’est pas pour rien dans ces comportements.

Croire que dénoncer les migrants, fermer les frontières, se refermer sur nous même résoudra nos problèmes, est une utopie malsaine.

Bien évidemment, il ne faut pas jeter tout le monde « dans le même sac ». De nombreuses femmes et hommes, présents sur les blocages, expriment une colère profonde, sincère, contre un président qui gave les riches et écrase les faibles. Cette colère doit se construire sur des valeurs seines, humanistes, de partage des richesses et non de stigmatisation et de rejet des étrangers. Prenons garde, quand l’extrême droite flatte les relents les plus primaires, notre rôle, nous militants syndicaux, politiques, associatifs progressistes est de porter le débat nécessaire pour le progrès social, la solidarité, la paix dans le monde.

Alors qu’hier nous apprenions que Carlos Ghosn était épinglé pour fraude fiscale à grande échelle, il est question de plus de 35 millions d’euros pour un homme qui a imposé aux salariés de Renault un dépassement possible d’une heure de travail par jour, 8 fois par mois, ne pouvant excéder 50 journées dans l’année, sans complément de salaire, au nom de la compétitivité. Un homme qui a supprimé 23500 postes, avec des inégalités qui explosent sous la houlette d’une armée de macronisme au service des ultras-riches. La colère qui s’exprime depuis plusieurs jours, semaines et mois doit faire naître une idée : une autre société est possible.

Mais cette colère ne sera utile au peuple que si elle est fondée sur des revendications de transformations sociales et environnementales de la société.

La baisse du prix des carburants, ne sera rien, si elle n’est pas liée à l’exigence d’une juste répartition des richesses, d’un retour de l’impôt sur la fortune, la taxation de compagnies pétrolières, telle que total qui engrange 10 milliards d’euros pas an, le développement d’un réseau ferroviaire ambitieux pour répondre aux besoins de mobilité et lutter efficacement contre le réchauffement climatique, la hausse des salaires, la reconnaissance de droits nouveaux pour les travailleurs, et la lutte contre les paradis fiscaux.

Soyons clairs, la cible n’est certainement pas les migrants, les étrangers, mais bien le capitalisme.

Le 1er décembre, la CGT organise une grande manifestation contre la précarité et le chômage. Soyons nombreuses et nombreux.

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