Peut-on encore accepter longtemps que circule 12.000 véhicules par jours et par Km sur l’autoroute entre Narbonne et Montpellier alors que notre planète brûle ?

C’est la rentrée ! Ce matin, on commence en tôt. 6H30, interview sur la radio ARL pour réagir à la nomination de François De Rugy. À la première question de la journaliste qui m’interroge pour savoir si « c’est une bonne nouvelle pour l’écologie », la réponse est sans appel : non. François de Rugy a toujours mis en avant ses ambitions personnelles avant l’avenir de la planète. On peut changer des dizaines de fois de ministres, rien ne changera tant qu’on ne remettra pas en cause une économie de marché qui ne résonne qu’en terme de profits et de dividendes. Nicolas Hulot l’a parfaitement exprimé avec ses mots : notre « modèle économique marchand est la cause de tous ces désordres ».  « Avec la démission de Laura Flessel c’est quand même un sacré bazar non ? », me demande-t-elle.  Avec cette démission, que Laura Flessel a justifié par un besoin de retrouver « de l’humain » dans ses engagements, c’est le macronisme qui s’effrite. Les masques tombent.

Juste le temps d’avaler un café, et d’écouter mon camarade Ian Brossa invité de la matinale sur LCI. Il faut au passage saluer son très bon début de campagne. Dans les semaines à venir, nous aurons de belles batailles à mener dans le cadre des élections européennes. J’y reviendrai plus loin.

Ensuite, direction le CESER. Au programme du jour, audition de la Directrice régionale de l’INSEE Occitanie ainsi que d’un représentant de la Banque de France, dans le cadre de la commission « Finances-Politiques contractuelles – Europe – Suivi et Evaluation des politiques publiques ».  Sur la route, les matinales font le plein de « macronistes » venus saluer la nomination de François De Rugy. Pourtant à la question « est-ce une bonne chose pour l’écologie ? », Amélie de Montchalin sur RMC,  Bruno Le Maire sur LCI et Gérald Darmanin  sur France Info, répondent tous la même chose. C’est bien pour … l’économie et l’écologie. Les lobbys peuvent dormir tranquilles.

Alors que nous devons rendre un avis sur les orientations budgétaires et le budget 2018  de la région Occitanie, l’INSEE est venu nous présenter le contexte économique dans lequel celui-ci s’inscrit. Au regard de la quantité astronomique des chiffres qui nous ont été livrés ce matin, j’ai fais le choix de n’en retenir quelques-uns. Alors que l’année 2017 a vu une croissance de la zone euro de 2,6%, 2,3% pour la France, l’année 2018 sera placée sous le signe de la récession. L’INSEE table sur 2,1% pour la zone euro et 1,7% pour la France. Concernant l’emploi, l’INSEE estime que la France va créer 183.000 Image_Avis-C11_BP2018emplois en 2018, contre environ 250.000 en 2017. Ah bon, l’emploi baisse, alors que le CICE augmente ? Hollande, comme Macron, nous ont vendu le CICE comme un outil permettant la création massive d’emplois, on a d’ailleurs tous en tête l’image du pin’s 1 million d’emplois de Pierre Gattaz, pourtant aujourd’hui le résultat est inverse. Pourquoi alors continuer à le mettre en place, en sachant qu’en 2018, sa transformation en allègement de charges patronales  va coûter entre 20 et 25 milliards d’euros ? Quand j’interroge la Directrice régionale de l’INSEE, celle-ci me répond « je ne peux pas vous répondre, c’est une question politique ». Elle précise qu’au premier semestre 2018, notre région Occitanie a crée 9000 emplois. Bien, donc je la questionne sur ces emplois « sont-ils des CDI ? Des CDD ? Des intérimaires ? ». D’une voix lasse, elle finit par lâcher « en effet on constate une hausse de l’intérim de 8,5% ». Mais pour tenter de se justifier elle précise « c’est classique en période de reprise économique, les entrepreneurs sont frileux, ils attendent de voir ». Pardon, mais ils me semblent moins frileux quand il s’agit de restaurer leurs marges ! Selon l’observatoire des inégalités, on compte aujourd’hui 1 personnes qui exercent un emploi mais disposent d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, soit qui vivent avec mois de 850 euros par mois ! Cela n’est plus acceptable dans un pays où  l’on ne cesse de battre les records de versement  des dividendes !

Autre question. Alors que la représentante de l’INSEE nous explique que le transport ferroviaire de voyageurs a augmenté de 6.7% en 2017, et, c’est une bonne nouvelle, elle ajoute qu’en parallèle le transport routiers de marchandises, a quant à lui, augmenté de 3.3%. Je décide dès lors de l’interroger sur l’évolution du fret ferroviaire en Occitanie. Silence radio, aucune réponse de l’INSEE. La démission de Nicolas Hulot, bien silencieux sur la réforme du ferroviaire, a rappelé l’impérieuse nécessité de sortir du modèle « tout camion » pour lutter de manière efficace contre le réchauffement climatique. Peut-on encore accepter longtemps que circule 12.000 véhicules par jours et par Km sur l’autoroute entre Narbonne et Montpellier alors que notre planète brûle ? La réponse sonne comme une évidence : NON. La question des transports sera centrale lors des201502190188-full prochaines élections européennes. Le PCF portera l’idée d’un grand service public ferroviaire de marchandises et de voyageurs à l’échelle européenne, qui mette fin au dumping social entre travailleurs des pays européens et réponde à l’intérêt général.

Cette première audition résume à elle seule les maux de notre société, une analyse uniquement présentée sous l’angle économique, sans aucune mentions des données sociales et environnementales, pourtant si précieuses pour l’avenir de nos enfants.

Après l’INSEE, la Banque de France. Tout est un programme. D’entrée les mots sonnent comme des uppercuts. Derrière le sourire jovial, le même refrain qu’on nous ressort depuis 10 ans : « notre endettement est trop fort, nous sommes sur un baril de poudre ». Comme l’explique Thomas Porcher dans son ouvrage « Traité d’économie hérétique «  en additionnant tous les patrimoines, les français possèdent plus de 1200 milliards d’euros, soit 6 fois plus que la dette publique », arrêtons de culpabiliser les français avec cette dette. On entend moins les différents experts et économistes avancer la question de la dette quand il s’agit de supprimer l’ISF ou la flat-tax. Entre 2000 et 2010 les différents gouvernements ont baissé les impôts de 130 milliards d’euros, et la dette publique n’a jamais été un problème ! Avoir une dépense publique importante, c’est aussi assumer un choix de société, à savoir celui d’avoir des services publics fiancés par la collectivité et accessible à tous.

13H, direction Puicheric pour rendre un dernier hommage à notre camarade Mylène Vesentini et son mari Bernard, tragiquement disparu dimanche dernier suite à un accident de la route. Des sourires mais aussi beaucoup de larmes. Une foule immense. Un hommage communiste,  à la hauteur de leurs engagements et de leur sincérité. Et pour finir une internationale, vibrante.

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