Nomination de Benjamin Smith à Air France, un PDG Macron compatible. 

La nouvelle est tombée hier soir et elle est sans surprise. Après trois mois de vacances, Air France a un nouveau directeur général : Benjamin Smith. Une nomination qui sonne comme une véritable provocation à l’égard des salariés du groupe. En effet, l’arrivée du Canadien intervient dans un contexte social particulièrement explosif.

Alors que le bilan 2017 avait vu accroître les bénéfices de la compagnie de 1,488 milliard d’euros, soit + 41,8%, Air France-KLM avait proposé un bien maigre 1% d’augmentation aux salariés français. Après plusieurs rounds de négociations, les syndicats réclamaient quant à eux une hausse de 5,1%.

Refusant de répondre favorablement aux demandes légitimes des syndicats, et, devant un mouvement de grève intersyndical de grande ampleur, l’ex PDG avait choisi de soumettre ses propositions par voix de référendum. En votant à plus de 55,44% contre, les salariés avait alors envoyé un message clair : oui à l’augmentation des salaires.

En prenant les rênes d’Air France, Benjamin Smith touche le pactole. Son salaire validé par l’État français pourra atteindre un montant maximum de 4,25 millions d’euros par an, soit trois fois plus que celui de son prédécesseur Jean-Marc Jennaillac. Alors qu’on refuse une hausse de 5% aux salariés, on valide une augmentation de 300% pour le PDG. Du jamais vu !

Félicité par la ministre du travail comme par le ministre de l’économie pour sa nomination, Benjamin Smith n’est pas un inconnu. Pur produit d’Air Canada, ou il a commencé en 2002, il revêt tous les codes du macronisme : anti-social et pro low-cost.

En 2012, sur demande d’Air Canada, alors que Benjamin Smith est membre de la direction exécutive de la compagnie, le parlement Canadien vote une loi interdisant aux salariés en conflit avec leur direction de se mettre en grève lors des négociations.

Dans le même temps, Benjamin Smith est à l’origine d’Air Canada Rouge, la marque à bas coût de la compagnie aérienne qui a démarré ses opérations en 2013. Cette marque s’est caractérisée par la mise en place d’accords au rabais dégradants considérablement les conditions de travail et les salaires.

Air France mérite mieux. Alors que les enjeux de mobilités sont énormes, que la grève menée actuellement chez Ryanair met en lumière les dangers du low-cost (en 2017 un rapport interne précise que de nombreux pilotes s’endormaient en ligne), Air France doit se doter d’un véritable projet de développement industriel et commercial, de long terme tout en assurant des conditions de sécurité maximales aux passagers et en donnant satisfaction à celles et ceux qui en font sa richesse, c’est-à-dire les salarié·e·s.

Parler de modalité salariale, quand on s’apprête à toucher 4,25 millions de salaire relève du cynisme le plus absolu ! Un cynisme qui tourne à plein régime au royaume de la Macronie.

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