Le macronisme ou l’indignation sélective.

« Lamentable… l’extrême gauche est aussi débile que l’extrême droite ». Aujourd’hui, le microcosme de la macronie s’est ému d’une affiche à l’effigie du président de la République présente dans le cortège parisien. Son tort ? Des tâches de sang sur le visage. Diable, bientôt la guillotine non ?

En revanche, on constate un silence abyssal des premiers de cordée au sujet du cheminot qui s’est suicidé ce matin en se jetant sous un train avant d’embaucher. Il s’appelait Julien Pieraut, il avait 26 ans. Il s’ajoute à la trop longue liste des cheminotes et des cheminots qui se sont donnés la mort en 2017, plus de 50. Là-dessus, pas un mot, pas une ligne, pas un tweet. Il est vrai que pour le président de la République « une gare, c’est un 5b041a78488c7bc1658b4567lieu où on croise des gens qui ne sont rien.

Et que dire sur les deux femmes de plus de 90 décédées, il y a quelques semaines, dans la salle d’attente des urgences par manque de place et de personnel ? Là aussi, pas un mot. Comme si cela était normal, banal. Décidément l’indignation est à deux, voir trois vitesses. Il faut dire que la responsabilité du gouvernement est immense dans ces décès. Alors que l’hôpital public est en train de craquer, que les personnels sont à bout de souffle, Agnes Buzyn a annoncé par voie de circulaire que pour 2018 le niveau des économies sur le champ des établissements de santé s’élève à 1,6 milliards d’euros dont 960 millions d’économies pesant directement sur le budget des établissements de santé.

Enfin, alors que ce soir nous apprenons que 400.000 lycéens se retrouvent sans proposition, les députés de LREM ont annoncé la mise place d’un numéro vert indiquant qu’il n’y avait pas lieu de de s’inquièter car « les réponses arriveront au fil de l’eau ». Pour une fois, ils auraient mieux fait de se taire. Une fois de plus c’est la marque du mépris affiché à l’égard de la jeunesse de notre pays, celle-la même qui s’apprête aujourd’hui à passer les épreuves du BAC, et, on connaît le stress que cela occasionne lorsqu’il n’est pas possible de savoir de quoi demain sera fait. Ce n’est pas d’un numéro vert, ni d’une sélection, dont ont besoin les jeunes mais d’un grand service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

Ce qui tue aujourd’hui ce ne sont pas des affiches dans les manifs ou des slogans dans les cortèges, mais bien la réduction des budgets dans les services publics, la casse des protections collectives des salariés, la précarisation du monde du travail, la pressurisation des femmes et des hommes, le management agressif pour dégager toujours plus de profits.

Alors mesdames et messieurs les premiers de cordée, gardez votre indignation pour celles et ceux qui aujourd’hui perdent leur vie en raison de vos choix politiques.

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