Pepy et les grands mensonges, acte 2.

Alors que nous nous apprêtons à entrer dans notre 9ème séquence de grève, avec le lancement d’un « vot’action »,dès lundi, pour permettre aux cheminotes et cheminots de s’exprimer sur la réforme ferroviaire, le président de la SNCF, Guillaume Pépy, s’est livré, ce matin, dans les colonnes du Parisien, au concours Lépine du mensonge !

Décryptage.

Mensonge 1. La prise en compte des usagers.   » Personne n’a intérêt à ce que la grève se poursuive cet été… Ces grèves sont ultra-pénalisantes pour les salariés modestes qui n’ont pas de voitures, pour les plus fragiles comme les chômeurs « .Derrière un semblant de compassion, le patron de la SNCF résonne uniquement en termes de coût.  Pour lui, moins de personnes dans le train, c’est moins d’argent dans les comptes. Si l’intérêt des IMG_4437usagers était véritablement pris en compte, la SNCF ne fermerait pas de lignes, ne supprimerait pas de dessertes, ne viderait pas ses trains et ses gares des personnels qualifiés.  En réalité, si nous menons cette bataille, c’est pour que demain le droit au transport soit garanti dans ce pays.  N’oublions jamais que cette réforme entérine la suppression de 9000 kilomètres de lignes et se concentre uniquement sur les grosses métropoles et les gros nœuds ferroviaires.  Plus que la grève, c’est la réforme qui, demain, empêchera les plus fragiles, les plus modestes, les plus précaires d’avoir accès au train.

Mensonge 2. La privatisation. Dans Le Parisien, Pépy affirme  » qu’il n’y a pas un élément dans la réforme qui rend possible une privatisation totale ou partielle de la SNCF « . Il ose même affirmer « c’est même l’inverse « , sous-entendant que la loi interdit toute privatisation. Faux. Depuis le début, gouvernement et direction reprennent, en boucle, cet argument qui ne tient pas. Si cela ne change rien, pourquoi passer d’un EPIC à une SA ? D’ailleurs, les partisans de la réforme utilisent  le terme société nationale et non société anonyme à capitaux publics. Il est utile de rappeler, que lors du débat à l’Assemblée Nationale, Elisabeth Borne a refusé d’inscrire dans le corps de la loi la notion « de titres incessibles »; laissant ainsi clairement voir son objectif : permettre l’ouverture à des capitaux privés. Donc, nous sommes bien sur la privatisation de la SNCF.

Mensonge 3. Le statut des cheminots. Pour le président de la SNCF «  après le statut, ce n’est pas le néant « . Non, c’est l’exploitation. Agité comme épouvantail pour dresser l’opinion publique contre les cheminot-e-s, la fin du statut coïncide avec l’objectif d’obtenir des salariés précaires, flexibles et corvéables à merci. Il faut rappeler que le statut, qui n’est rien d’autre qu’une convention collective, permet aux usagers de circuler dans des conditions de sécurité optimales, en raison de la formation accordée aux cheminot-e-s, tout au long de leur parcours professionnel.  Dans ce même interview, Pépy se dit favorable «  à la rémunération au mérite « .  À l’image de l’utilisation de salariés étrangers pour remplacer des salariés français grévistes, il prône le retour aux temps des forges.  Un temps où le patron était tout puissant.

Mensonge 4. L’avenir des cheminots. «  Il n’y aura pas de plan social à la SNCF « . Faux. Le contraire est clairement inscrit dans la loi. En cas de refus de transfert au privé, un cheminot se verra proposer un poste avec une mobilité géographique nationale. En cas de refus, il sera licencié. La SNCF supprime déjà 2000 postes par an. Chaque année, nous connaissons un plan social ! De plus, cette réforme prévoit comme objectif un gain de 30% de productivité.  Encore une fois, ce gain sera fait sur le dos des hommes et des femmes qui travaillent au cœur de l’entreprise historique.

Enfin sur l’organisation du « vot’action », Pépy précise qu’il n’aura «  aucune légitimité « . Selon lui, «  la réforme est un sujet ne concernant  pas que l’entreprise mais tous les français « .  Si le ton est aussi « brutal » pour reprendre les termes du président de la SNCF, c’est que le résultat de ce vote ne fait aucun doute. Contrairement à ce qu’affirme la direction, une très large majorité des cheminots est opposée à cette réforme.

Derrière la communication du gouvernement et de la SNCF qui tend à dire, dès maintenant, que ce vote n’aura aucune valeur, on sent un vent de panique concernant l’impact du résultat de celui-ci.  Oui, la voix des cheminotes et des cheminots, véritables experts du rail, qui subiront de plein fouet les conséquences de cette réforme, va compter dans le paysage politique de ce pays.  La démocratie sociale doit être respectée.

Quant aux usagers, si on leur dit la vérité, et qu’on leur demande s’ils sont d’accord pour payer plus cher, avoir moins de trains, moins de sécurité et perdre 9000 kilomètres de lignes, on connait déjà la réponse. Elle sera négative.

Le gouvernement et la direction doivent mesurer une chose, à savoir que notre détermination est à hauteur de leur mépris. Sans borne. Nous irons jusqu’au bout, jusqu’au retrait total de la réforme !

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