Guillaume Pépy sur LCI, un grand jury au goût de grands mensonges !

Invité ce midi du Grand Judy sur LCI, le patron de la SNCF Guillaume Pépy, véritable VRP du gouvernement, a multiplié mensonges et mépris. Décryptage.

Interrogé sur le conflit social en cours à la SNCF, Guillaume Pépy a assuré que la grève « serait terminée avant l’été », qualifiant au passage la mobilisation de « grève low-cost ». Les cheminotes et les cheminots mobilisés depuis le début du mois d’avril apprécieront. Si la direction de la SNCF souhaite réellement que la grève s’arrête avant l’été, la balle est dans son camp. Elle doit demander au gouvernement le retrait de la réforme et l’ouverture de négociations sur la base de la plateforme commune signée par les organisations syndicales représentatives. Si le gouvernement persiste à ne pas vouloir négocier, les cheminot-e-s, en toute responsabilité, décideront de maintenir le cap de la contestation, par la grève. L’utilisation du terme « low-cost » témoigne d’un mépris insupportable à l’égard de milliers de salariés qui, aujourd’hui, perdent de l’argent, non pas pour défendre leur statut mais bien pour la notion de service public. Un service public que les cheminots veulent au service de d’intérêt général.

Sur le contenu de la réforme, le patron de la SNCF affirme « personne ne sera perdant. De plus je peux vous garantir que la SNCF restera 100% publique ». Double mensonge. Avec cette réforme, il y aura trois grands perdants :

Pour commencer, les usagers, qui verront les prix augmenter, les trains se raréfier, et leur sécurité remise en cause ;

Ensuite les cheminots, qui verront leurs conditions de vie et de travail se dégrader ;

Pour finir, la planète et de fait la santé des citoyens, avec la multiplication du tout routier au détriment du train.

Les seuls gagnants seront les financiers, libérés de toute considération de services à rendre, comme des objectifs de sécurité. Ils pourront faire du fric avec le rail !

Enfin, sur l’avenir de la SNCF comme entreprise publique, Pépy reprend la dialectique gouvernementale mais personne n’est dupe. En refusant d’inscrire la notion « d’incessibilité des titres » dans la loi, Elisabeth Borne lève le voile sur la volonté du gouvernement : transformer la SNCF en SA (Société Anonyme) pour permettre l’entrée d’actionnaires privés au capital.

Concernant le transfert des personnels, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, Guillaume Pépy a lâché « il faudra bien que les cheminots soient volontaires ». Et à la question du journaliste concernant un possible licenciement en cas de refus de transfert, la réponse est sans appel : « on va en discuter ». Au moins c’est clair : en cas de refus 31138088_2088819421132954_256505394061377536_nd’un  poste, dans le cadre d’une mobilité nationale, le cheminot sera licencié.

Ne reculant devant rien, le Président de la SNCF affirme que la fin du statut permettrait d’avoir de meilleurs salaires pour les futurs cheminots. Quand on connait la politique salariale de la SNCF, on croit rêver ! Ce que Guillaume Pépy oublie de dire, c’est qu’aujourd’hui, la SNCF embauche des cheminots en dessous du SMIC et gèle les salaires depuis trois ans avec une quatrième année bien entamée !

Enfin, Guillaume Pépy s’est posé en grand donneur de leçons, indiquant que la SNCF était très attachée aux usagers et qu’elle allait mettre toutes les méthodes possibles en place pour rendre cette grève la moins pénible. Mais de quoi parle le président de la SNCF ? De l’utilisation de travailleurs anglais en remplacement des travailleurs français en grève comme au temps des forges ? De l’utilisation de travailleurs sans contrat de travail, ni statut comme c’est le cas en Moselle ? Ou encore utiliser des conducteurs de train, non-grévistes, dans des activités pour lesquelles ils ne sont pas, en temps normal, dédiés ? A savoir qu’une production assurée en multi-activités est portée, depuis de nombreuses années, par la CGT, mais refusée catégoriquement par la Direction ! Depuis le début du conflit, les méthodes utilisées par la SNCF sont des méthodes de voyous !

La meilleure réponse à apporter à tant de mépris et de mensonges est de continuer à nous mobiliser massivement, et convaincre les autres cheminotes et cheminots à rentrer dans l’action.

Dès ce soir, les cheminotes et les cheminots seront dans l’action pour exiger une autre réforme ferroviaire.

Une réforme qui remet au centre des préoccupations les enjeux de transport, pour répondre aux besoins des usagers, comme des chargeurs, qui prend en compte les questions environnementales, ainsi que les conditions de vie et travail des cheminotes et des cheminots.

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