Nouvelles du front, par Marine Tondelier.

Inquiétant et malsain. Voilà les deux sentiments qui m’animent après avoir dévoré les 214 pages de cet ouvrage.  Plus les pages défilaient sous mes yeux, plus je sentais la nausée me gagner. Ce livre agit comme un uppercut reçu un plein visage. Dur mais réaliste.

Beaucoup de gens parlent du Front National, mais peu le vivent au quotidien.  Marine Tondelier, élu d’opposition à Hénin-Beaumont, raconte avec une sincérité, parfois livre_galerie_509déroutante, comment vivre dans une commune administrée par le FN.

Dimanche 30 mars 2014, une semaine après le premier  tour où le FN a largement  triomphé avec 50,25% des voix, se tient le premier conseil municipal. Dès le début, le décor est planté, le ton est donné. Comme l’explique Marine Tondelier l’ambiance est électrique : « au premier étage de l’hôtel de ville, à l’entrée de la salle du conseil, c’est le service d’ordre du FN qui semble filtrer les spectateurs ».  Déjà les premières intimidations, et ce n’est que le début.

Tout au long de son récit, nous percevons les rouages d’une machine bien huilée, qui a préparé sa victoire et la gestion de la ville depuis plusieurs années. Une machine qui a tissé des liens sur tout le territoire, en étant présente sur le terrain, au contact de la population. Il ne faut pas le négliger, ne pas le sous estimer.

Si le nouveau maire, Steeve Briois, entend faire bonne figure, les premiers mois de son mandat mettent en lumière la gestion d’une mairie par le FN. Trois axes structurent cette politique de gestion : menaces, harcèlement et calomnies.  Agents municipaux, opposants, militants associatifs et presse … Personne n’est épargné ! Une véritable police de la pensée est mise en place. Du simple « like » sur facebook à une discussion sur le marché, rien n’échappe à l’équipe dirigeante.

Pourtant, malgré cette politique de la peur, de nombreuses et nombreux  Héninois et Beauminois résistent, refusent d’abdiquer. C’est le cas, par exemple, de cet ancien dirigeant du club de foot sportif Héninois qui refuse d’être pris en photo avec eux, ou de Bertrand Tranchant, président d’Hénin Endurance Team, qui lorsqu’il apprend que son triathlon va être supprimé alerte la presse et gagne son maintien. Il s’agit de petits gestes, individuels, isolés, mais qui sont porteurs d’espoirs.

Marine Tondelier termine son ouvrage par une citation de Françoise Giroug « Il ne dit jamais son nom, il rampe, il flotte, quand il montre le bout de son nez, on dit : C’est lui ? Vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! Et puis un jour on le prend dans la gueule et il est trop tard pour l’expulser ». À méditer.

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