Carnet de route, semaine 1.

Mardi 16 mai, à la rencontre des cheminots.

Dans le cadre de notre plan de travail, nous avons décidé avec le syndicat CGT-Cheminots de Montauban de multiplier les journées pour aller à la rencontre des cheminots. Ecouter leurs revendications, leurs souhaits et aussi leurs inquiétudes.

Direction la gare de Castelsarrasin. Dès notre arrivée, avec Pascal mon camarade, nous sommes interpellé par un cheminot qui assure la vente en gare. « Ou en est la convention TER ? Va-t-on me conserver sur ce poste ? », on sent ici une grosse inquiétude. Il est vrai que la convention TER, actuellement en négociation entre la région Occitanie et la SNCF, aura des conséquences pour l’avenir de centaines de cheminots. Comme mon collègue de travail, j’ai beaucoup de craintes sur le contenu de cette future convention.

La SNCF ne manifeste pas aujourd’hui la volonté de maintenir un haut niveau de service public dans la région Occitanie, c’est particulièrement inquiétant. Au fil de la conversation, nous nous apercevons que notre collègue dispose d’un contrat de mission terminé depuis le 30 mars 2017. Pourtant il tient toujours le poste ! Alors que les usagers ne cessent d’affluer au guichet, Philipe nous laisse et nous remercie d’être passés par des mots qui réchauffent le cœur « ça fait du bien de voir la CGT, d’avoir des informations et de l’écoute ».

Maintenant direction la gare de Moissac. Dès notre arrivée, deux collègues nous interpellent. Toujours le même sujet, la convention TER. Il faut bien mesurer combien il est difficile de travailler, de vivre tout simplement, de façon sereine quand une telle épée de Damoclès se trouve au dessus de votre tête.

Il faut une convention de haut niveau pour pérenniser l’emploi des cheminots et assurer un service public de qualité. Mais rien ne tombera du ciel, il va falloir se battre pour obtenir gain de cause. C’est le message que je fais passer à l’ensemble des cheminots que nous rencontrons. Première mobilisation fin juin, avec un rassemblement devant le conseil régional. Maintenir la pression, même au cœur de l’été !

Au retour, nous échangeons avec Pascal sur notre ressenti par rapport à cette tournée. Un même sentiment domine, celui de l’utilité d’être sur le terrain, au plus près des cheminots. Seul élément négatif de la journée, trop de café ingurgité !

Jeudi 17 mai, direction Oullins.

Ce jeudi matin, je prends le train depuis Montauban direction Lyon pour un débat sur le service public ferroviaire, arrivée prévue 16h04 en gare de Lyon. Je ne suis pas au bout de mes surprises. Un peu avant Valence TGV, alors que nous sommes arrêtés en pleine voie depuis plusieurs minutes, le contrôleur annonce que notre train est « arrêté pour une durée indéterminée suite à un heurt de personne par un train nous précédant ». Bon … Quelques minutes après nouvelle annonce « nous repartons mais sommes détournés par la gare de Valence Ville ». J’arriverai finalement à Lyon pour 18h. Mais je tiens à saluer ici le formidable travail des cheminots, qui par la précision et la qualité des informations transmises aux usagers, ont géré parfaitement la situation.

C’est ça le service public ferroviaire.

En sortant du métro à Oullins, on tombe sur une stèle en la mémoire des cheminots tombés au combat pour défendre la liberté. Le décor est planté, nous sommes ici en territoire cheminot. Un fief comme on dit chez nous. Il faut dire que dans les années dorées, il y avait sur Oullins plus de 1000 cheminots. Aujourd’hui nous assistons à un dépeçage en règle des ateliers d’Oullins, qui subissent de plein fouet la politique d’entreprise de la SNCF. C’est pour cela que nous avons souhaité organiser ce débat sur le service public ferroviaire dans ce lieu si particulier, empreint d’histoire et de résistance.

C’est pour moi à chaque fois un grand plaisir de retrouver Gilbert Garrel et Pierre Laurent. Après quelques mots de présentation faits par Raphaël Debu, secrétaire départemental du PCF, nous entrons dans le vif du sujet. De quel service public ferroviaire avons-nous besoin pour demain ?

Les mots sont forts, les témoignages émouvants. Je ressens ici l’attachement de toute une population à la SNCF. Pourtant Gilbert Garrel vient brutalement rappeler une réalité. « La SNCF, société nationale des chemins de fers n’existe plus depuis le 4 août 2014 ! Avec la loi portant réforme du ferroviaire, Mr Pepy et le gouvernement ont cassé l’entreprise publique. Ils l’ont fait dans le dos de tout le monde, c’est inacceptable ! ». C’est important de le rappeler, aujourd’hui nous avons à faire un à groupe international et plus une entreprise publique, cela dimensionne aussi le combat que nous avons à mener.

Bien évidement, il n’est pas possible de ne pas lier la question du développement du service public ferroviaire avec les futures politiques publiques à mettre en place.

C’est tout le sens de l’intervention de Pierre Laurent qui précise « que la question du ferroviaire est une question fondamentale pour l’avenir ». Alors que l’écologie a été cruellement absente du second tour de l’élection présidentielle, le secrétaire national du PCF rappelle « que le ferroviaire est le mieux placé pour répondre à l’urgence écologique ». Alors que nous nous apprêtons à mettre 2% du PIB de chaque pays européens dans le financement de l’OTAN, la priorité doit être à la relance de l’investissement public. « Prenons l’exemple des autoroutes, si nous laissons les concessions aller jusqu’au bout les actionnaires auront touchés 32 milliards d’euros. Soyons ambitieux, exigeons la nationalisation ! » Précise Pierre Laurent.

Ce débat prend fin sur un mot d’ordre partagé par tous : faisons entrer le peuple à l’Assemblée Nationale en votant pour des députés PCF / FDG !
Comme après chaque moment politique la fraternité reprend le dessus.

Alors que nous buvons un verre, Pierre Laurent est interrogé par de nombreux camarades sur son sentiment sur la situation politique et sur le futur. Beaucoup de gens sont perdus, mais le PCF par sa cohérence sur la question du rassemblement, est aujourd’hui une boussole pour des milliers de citoyens.

Vendredi 19 mai. Montpellier, CESER.

Je quitte Lyon sous un ciel gris, à l’image de la situation politique, pour Montpellier. Les dernières interventions de Jean-Luc Mélenchon, lors de L’émission politique de jeudi soir, ne sont pas de nature à calmer la situation. Interpellant Léa Salamé sur la question « êtes-vous capable de me dire, Madame Salamé, où il y a un candidat de la France Insoumise qui est soutenu par la direction communiste ? », Jean-Luc Mélenchon répond lui-même par la négative. Un mensonge. Après « l’affaire du texto » cela fait beaucoup en une semaine ! Bref …

L’après-midi direction le conseil régional pour auditionner (dans le cadre du CESER) la vice présidente de la région Occitanie, Nadia Pellefigues. La commission 6, dont je suis membre, doit rendre un avis sur « comment favoriser l’égalité des chances d’accès à l’enseignement supérieur en Occitanie ? ».

Après avoir auditionné différentes personnes (chercheurs, parents d’élèves, directeurs d’école), nous souhaitons avoir l’avis de la représentante de la région en charge de l’enseignement supérieur sur cette question là. « Le fil rouge de l’action publique est la recherche d’égalité. Pour arriver à cet objectif nous avons fait le choix d’utiliser l’instrument de l’équité »précise Nadia Pellefigues.

Pour la vice présidente de la région, il existe plusieurs freins : la question du logement, le taux d’échec en licence ou encore la question de l’orientation. Sur la question du logement, elle nous explique que l’offre du parc public et social est trop faible, et que celle du privée est trop chère par rapport à la surface et la qualité offerte. D’accord avec le constat, mais quelles solutions ? La région se doit de mettre en œuvre un plan ambitieux, à la fois de rénovation des résidences universitaires existantes, mais également de construction de nouveaux logements à destination des étudiants.

L’agglomération toulousaine est le parfait symbole de cette problématique, avec plus de 110 000 étudiants (INSEE 2017), on se retrouve face à une pénurie de logements pour celles et ceux qui viennent y étudier. Très souvent la question du manque de foncier est mise en avant pour expliquer le peu de nouvelles constructions qui voient le jour chaque année. C’est pour cette raison que lors de l’avis sur le logement social en Occitanie, avec la CGT, nous avions poussé avec la CGT pour que soit créé un observatoire régional du foncier. Il est temps que l’action publique reprenne le dessus sur la spéculation immobilière et locative. Chaque jeune doit pouvoir se loger de façon décente, à proximité de son lieu d’étude et pour un prix accessible, voilà vers quel objectif nous devons tendre. Arrêtons les beaux discours, passons aux actes !

Autre question évoquée par Nadia Pellefigues, celle de l’apprentissage. Depuis la loi de 2014, la région bénéficie d’une nouvelle compétence, celle d’assurer le service public régional de l’orientation. Dans quel but ? Avec quels objectifs ? « Mon souhait, et je le dis depuis longtemps, c’est que l’apprentissage soit aussi développé dans l’enseignement supérieur. Nous avons créé le label entrepreneur étudiant, il faut continuer dans cette voie » indique la vice-présidente de la région. Mais aussitôt elle s’empresse de préciser que « ce n’est pas pour en faire des milliardaires ».

La question de l’apprentissage est une question centrale dans la formation des jeunes. Il est primordial de développer le Service Public de la Formation professionnelle, de l’extraire des impératifs de la marchandisation. Pour la CGT, l’apprenti n’est pas là pour être productif. Il se forme en alternant des périodes de formation en vis-à-vis pédagogique et d’autres en situation réelle de travail, accompagné d’un maître d’apprentissage. Voilà la priorité.

16H, retour vers Montauban.

Prochaine audition dans le cadre du CESER, Mme Wack, présidente de la conférence des Grandes écoles, le 10 juillet à Toulouse.

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