Retour sur un été 2016 « pourri », vite la rentrée !

À n’en pas douter cet été 2016 ne ressemble à aucun autre. Il restera dans la mémoire collective, comme un été terrible, reléguant le soleil et les vacances au rang d’anecdotes.

En effet, comment oublier ces images de Nice. Cette promenade des Anglais, haut lieu du tourisme, jonchée de linceuls blancs, frappée par la barbarie d’un déséquilibré se revendiquant d’une idéologie mortifère : Daesh. Ce mot honni, qui est venu s’inviter quasi quotidiennement, au cœur de notre été.

Comment oublier la polémique indigne qui s’en est suivie. A peine le sang finissait-il de sécher, et ne prenant même pas le temps de respecter le deuil des familles, voila que la téléchargement (1)droite et l’extrême droite se livraient à une surenchère politique mêlant amalgames, stigmatisations et propositions sécuritaires indécentes. Nous n’oublierons pas de si tôt les sifflets et les insultes (orchestrés par le Front national local) à l’égard du 1er ministre venu, le 18 juillet, se recueillir sur la promenade des Anglais. On peut désapprouver l’action du gouvernement, et c’est bien normal. Mais dans certains moments, il faut savoir faire preuve de dignité et de respect.

Comment oublier l’odieux assassinat du père Jacques Hamel, dans l’église de Saint-Etienne-du Rouvray. Jamais nous n’oublierons.  D’ailleurs comment pourrait-il en être autrement ?

Et enfin, comment oublier la dignité du maire de cette commune, frappée par le terrorisme de la façon la plus abjecte qui soit. La sagesse de son discours, saluée au plus haut niveau de l’État, doit servir de référence. Elle doit agir comme une boussole en ces temps plus que troublés.

« Soyons ensemble les derniers à pleurer et soyons ensemble les derniers à être debout contre la barbarie et dans le respect de tous ». C’est avec ces mots pleins d’humanisme et de générosité, qu’Hubert Wulfranc est venu donner une leçon de politique et de dignité à de nombreux responsables politiques. Refusant de céder à la tendance du moment, à savoir s’exprimer en tant que chef de guerre, il a préféré parler d’avenir, et érigé la future rentrée scolaire comme la priorité numéro une de sa commune. Un discours qui fait du bien.

Pourtant, alors qu’on se dirigeait vers une fin d’été « plus calme », où le climat semblait devenir un peu plus serein, voila que s’est invitée l’affaire du burkini.  A nouveau l’espace médiatique fut saturé de propos dangereux, démagogiques,  pour ne pas dire tout téléchargementsimplement racistes.  C’est avec la sinistre histoire de Sisco, en Corse, que nous avons touché le fond. Montée en épingle par des élus de droite et d’extrême droite, ce qui en réalité relève du sinistre fait divers, s’est transformée en affaire d’État. Enfermés dans une hystérie collective, voila que des élus de la République ont décidé de prendre des arrêtés « anti-burkini » ; certains allant même jusqu’à demander une loi « anti-burkini » !

Avec un peu de recul, la première réflexion qui me vient à l’esprit est « tout ça pour ça ? ». Replaçons les choses dans leur contexte : qui a vu un déferlement du burkini sur nos plages cet été ? Personne, pas plus à Sisco (ou d’ailleurs après le travail de la justice, il s’est avéré qu’il n’y avait aucun burkini), qu’à Villeneuve-Loubet ou Nice. Les arrêtés « anti-burkini » ? De simples actes politiques, rien de plus.

En cela, la décision rendue par le Conseil d’ État est salvatrice. Vide juridiquement, nocif politiquement et dangereux pour nos valeurs républicaines, l’arrêté du maire de Villeneuve-loubet c’est vu invalidé par la plus haute juridiction administrative du pays. Nous ne pouvons que nous en féliciter. Mettant fin à l’hystérie collective ambiante, cette décision représente une victoire pour le vivre ensemble et le respect des autres. Gardant la tête froide, le Conseil d’État est venu rappeler la règle de droit. Les musulmans, comme tous les autres citoyens, ont droit à la protection de la loi. Rappelant ainsi au passage, une évidence trop longtemps oubliée par certains. Un état laïque, c’est un état qui ne réprime pas une religion !  Mais cette décision est aussi une gifle cinglante pour Manuel Valls, lequel s’était empressé de soutenir les maires ayant prit des « « anti-burkini ». Pyromane un jour, pyromane toujours.

En prônant tout ce qui érige la division en norme, c’est faire le jeu de Daesh et des terroristes. À savoir, faire exploser la société, et légitimer le concept de guerre de religions. Désigner la religion comme responsable des maux de notre société est à la fois irresponsable et indigne de responsables politiques. En ce sens, il convient de rappeler les paroles du Pape François : « Au centre de l’économie mondiale, il y a le Dieu argent, et non la personne, l’homme et la femme, voilà le premier terrorisme ».

Bien évidemment, nous ne pouvons qu’être en total désaccord quand à l’utilisation du corps de la femme comme étendard d’un islam radical et archaïque. Nous sommes clairs là-dessus.

Pour autant, il existe d’autres moyens de lutter contre l’intégrisme religieux, qu’il soit catholique, musulman, juif ou bouddhiste.

Ne nous voilons pas la face, si le discours de Daesh trouve un écho favorable chez de nombreux jeunes de nos cités, c’est que celui-ci tend à leur offrir un « statut ». Statut, que la société actuelle est incapable de leur offrir. Alors oui, il faut bien évidemment apporter des réponses en termes de sécurité. Et c’est d’ailleurs bien normal. Nous les communistes, sommes souvent taxés d’être des laxistes ou de faire preuve d’angélisme. Il est temps de rétablir quelques vérités. Comme tout le monde, nous aspirons à vivre dans une société en toute sécurité. Simplement nous avons des réponses et des propositions différentes. Mais différence ne veut pas dire laxisme, ni angélisme.

Pour nous la priorité ne se situe pas dans des « tests de radicalisation » dans les collèges et les lycées, dans la création de milice privée ou dans l’interdiction du regroupement familial. Cette dernière proposition du candidat Sarkozy, en plus d’être totalement inhumaine et parfaitement illégale.

Pour lutter contre le discours « séducteur » de Daesh, il nous faut offrir de l’espérance et des perspectives à une jeunesse en totale désespérance.  Poser les vraies questions : quel est le nombre d’enfants exclus du système scolaire avant le BAC ? Combien de jeunes gravitent entre précarité et pauvreté, quand ils ne cumulent pas les deux ? Combien de jeunes ne partent plus en vacances chaque année, souvent en raison de restrictions budgétaires sur les services shumeur-burkini-vivement-lhiverociaux des mairies ?

Développer les services publics de proximité, recréer une véritable police de proximité, réinvestir les quartiers avec des éducateurs de rue, faire des missions locales de véritable point d’appuis pour les jeunes en difficultés, favoriser l’accès à la culture pour tous : voila nos propositions, de vraies propositions pour lutter efficacement contre le terrorisme.

Mais le plus grave, c’est que derrière cette instrumentalisation du burkini se cache une autre réalité. Celle de vouloir nous enfermer dans un débat purement identitaire. La stratégie est simple : attirer la lumière sur le burkini, maintenir dans l’obscurité le bilan du quinquennat et les questions sociales.

Décidément,  du débat sur la déchéance de nationalité, aux propos « anti-burkini » en passant par les demandes répétées de désolidarisation et de discrétion à l’égard des musulmans , nous vivons dans un climat malsain et propices à des dérapages incontrôlés. L’amalgame chronique qui consiste à faire croire que derrière chaque musulman se cache un salafiste, voir un terroriste est tout simplement insupportable. Nous nous devons de condamner avec la plus grande fermeté de tels propos, sous crainte de voir se créer une véritable rupture au cœur de notre société.

Car s’il y a bien une chose dont nous sommes certains, c’est que le burkini n’intéresse personne. Sauf ceux qui en parlent en longueur de journée. A savoir une droite toujours plus réactionnaire de peur d’être dépassé pae un FN, qui voit, lui, ces propositions adoubées une
par une par le gouvernement de Manuel Valls ! Depuis le début de l’été, nous menons, nous les communistes, une grande consultation populaire à l’échelle du pays intitulée « que demandel e peuple ? », et ce qui est certain c’est que personne ne nous parle de burkini !

En revanche, on nous parle du coût de la rentrée scolaire qui explose, de la hausse des consultations chez le médecin ou encore du plan de licenciement annoncé, au cœur de l’été, par Patrick Drahi chez SFR. 5 000 licenciements sans que l’État n’esquisse la moindre réaction, comme s’il s’agissait d’une banalité. Et que dire de la crise agricole symbolisée par la mobilisation de producteurs laitiers au bord de l’asphyxie financière et morale, quand Lactalis engrange des profits records, se payant même le luxe de refuser de publier ses comptes. Enfin impossible de ne pas dire un mot sur Adama Traoré, ce jeune homme entré vivant dans un fourgon de police et ressorti mort, sans qu’aucunes explications tangibles ne soient données à sa famille… Non ce ne sont pas des banalités !

Une explosion records de la pauvreté, des plans de licenciements massifs ; alors que les riches s’enrichissent toujours plus. Voilà l’urgence sociale !

Disons le clairement, certains, Manuel Valls en tête, voudront prolonger ce climat « pourri » jusqu’en 2017 afin d’éviter de remettre les questions sociales au cœur du débat politique. Ne nous laissons pas enfermer !

Un discours politique de qualité se doit de prôner l’apaisement, de créer des passerelles et téléchargement (2)non d’ériger des barbelés comme certains tentent actuellement de le faire. En ce sens, le Fête de l’Humanité, les 09, 10 et 11 septembre prochain, sera le grand rendez vous populaire de la rentrée. Un rendez vous de fraternité, de solidarité et de paix. Un rendez vous où nous poserons une nouvelle fois la question essentielle d’aujourd’hui comme de demain ; dans quelles société voulons vivre, et quels moyens pour y parvenir ? Car là est bien l’urgence, bien loin du burkini !

 

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