Malgré le gaz, un 1er mai loin de faire pschitt !

Du monde, beaucoup de monde …  Mais aussi des yeux rougis, des gens qui toussent, d’autres qui peinent à reprendre leur souffle …  A l’image des manifestations des semaines précédentes, le  contraste était hier, notamment dans la rue de Paris, saisissant. D’un côté une répression policière féroce et disproportionnée, de l’autre des milliers de personnes venues dans la bonne humeur exprimer une nouvelle fois leur opposition à la loi travail.

Invité dans la semaine par le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve à mieux organiser leurs manifestations et à faire preuve de responsabilité, les organisateurs sont aujourd’hui en droit de s’interroger sur la stratégie policière. Car si rien n’excuse les violences à l’égard des forces de l’ordre, force est de constater que les actions menées hier à Paris, comme lors de la manifestation du jeudi 28 avril dans plusieurs villes de France, ne sont pas de nature à calmer les choses. Pire, ces actions coordonnées au plus haut niveau de l’état, donc planifiées à l’avance, semblent poursuivre plusieurs objectifs.

Les 3000 policiers présents hier à Paris avaient pour but d’envoyer un message clair. La contestation ca suffit, maintenant il faut rentrer dans le rang. Par un dispositif policier sans précédent, légitimité par l’état d’urgence actuellement en cours,  le gouvernement, ChZmFhkWUAENbwfminoritaire sur le plan des idées entend étouffer toute contestation sociale. En clair : « vous n’êtes pas d’accord avec nous, fermez la et restez chez vous ! ». D’ailleurs depuis plusieurs jours se succèdent les appels de responsables politiques, aussi bien issue de la majorité gouvernementale que de la droite et l’extrême droite, au respect de l’ordre Républicain. Gazer et matraquer des manifestants qui viennent exprimer leurs opinons, c’est donc cela le fameux ordre Républicain…  S’en prendre à des citoyens qui manifestent et expriment leurs idées est totalement inacceptable.  Indigne d’un gouvernement qui se dit de gauche.

« Pourquoi la police n’intervient-elle pas dès le début de la manifestation quand les casseurs sont déjà présents et identifiables, pourquoi laisse-telle faire ? » Ces questions reviennent inlassablement dans la bouche de nombreux manifestants.  Ici aussi cette non action répond à un impératif. Celui de permettre la jonction entre les casseurs et les manifestants afin de discréditer le mouvement. Créer un buzz médiatique autour d’une minorité de gens. Et ainsi passer sous silence les revendications de la majorité des manifestants. Les chaines d’informations en sont friandes, il suffit de regarder comment sont couvertes les dernières mobilisations. On parle plus des violences et du nombre ChZmFArWYAE_Bdid’interpellations que de la loi travail ou du nouveau périmètre des licenciements économiques. Voilà la vraie stratégie de Bernard Cazeneuve, faire passer le débat de fond au second plan.

Dernier objectif : créer un climat de tension anxiogène à même de dissuader les gens de participer aux manifestations.  Le gouvernement en est donc arrivé là ? Incapable de convaincre de l’utilité de la loi travail, Manuel Valls et son gouvernement en sont rendus à cautionner « la violence policière » pour faire peur et ainsi endiguer une mobilisation qui s’inscrit dans la durée.

Heureusement, cette stratégie sournoise et dangereuse ne porte pas ces fruits. L’énorme mobilisation du 1er Mai sonne comme une réponse cinglante au gouvernement. La répression policière ne nous fera pas taire. Le gaz et les matraques ne nous empêcheront pas de combattreChX8neuWwAEg7GP cette loi d’un autre âge, comme de porter l’exigence d’une autre société pour les générations futures.
En revanche, Bernard Cazeneuve doit reprendre ses esprits, et assumer lui aussi ses responsabilités. Il doit dès aujourd’hui interdire l’utilisation des flashballs. A Rennes, un jeune homme venu manifester pacifiquement y a perdu un œil. A Lyon, une jeune étudiante à bien failli subir le même sort.

Le ministre de l’intérieur doit envoyer des ordres clairs. Il faut protéger les manifestants, pas les brutaliser. Il faut condamner et interdire avec la plus grande fermeté l’usage disproportionné de la force.

Si rien n’est fait, si du côté de l’Etat on persiste dans cette volonté de tension permanente, nous ne sommes pas à l’abri d’un drame. Personne ne veut un nouveau Rémi Fraisse.

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