Panama Papers : plongée au cœur du grand banditisme mondial d’évasion fiscale.

11,5 millions de documents, 214 000 entités « offshore », 12 chefs d’État, 128 responsables politiques et hauts fonctionnaires de premier plan du monde entier, et 29 membres du classement Forbes des 500 personnes les plus riches de la planète. Le nombreux de données est tout simplement vertigineux. Quant aux sommes d’argent qui échappent au fisc elles sont faramineuses. Plus de 80 milliards d’euros rien que pour la France.

La totalité de l’évasion fiscale, estimée à 25000 milliards d’euros (fourchette basse), est égale à 15 fois le PIB de la France, ou à la dette de l’ensemble des pays du tiers monde multipliée par 10. La crise financière n’a pas réduit la manne d’argent qui circule dans le monde. Elle a au contraire contribué à gonfler un peu plus cette manne au profit de quelques uns.

Ce nouveau scandale d’évasion fiscale, le troisième en moins de 10 ans, confirme nos soupçons. Les puissants de ce monde agissent en concordance avec les institutions financières pour organiser un système mondial d’évasion fiscale. Il s’agit tout simplement d’un réseau de banditisme international. En effet comment appeler autrement des personnes qui cherchent à échapper à l’impôt par tous les moyens légaux ou illégaux, possibles ?

Mais ici, dans le cadre du scandale Panama Papers, ce n’est pas tant la question de la légalité qui est posée mais celle de la moralité. Dans une société de plus en plus inégalitaire, va-t-on accepter encore longtemps que plus de 10% de la richesse mondiale s’évapore dans les paradis fiscaux ?

Inlassablement le scénario se répète. Pris la main dans le sac, les dirigeants des grandes entreprises ou d’institutions bancaires, promettent, devant les représentants de l’état, la main sur le cœur, de ne plus recommencer. Le cas de la société Générale, une nouvelle fois au cœur de l’affaire, illustre parfaitement l’inaction politique sur le sujet.

En 2012, Frédéric Ouéda avait juré, devant des parlementaires, avoir mis fin aux activités de la Société Générale dans les pays qualifiés de « non coopératifs » comme le Panama. 3 ans après, on apprend qu’une de ses filiales luxembourgeoise a crée 979 entités offshores via Mossack Fonseca. Une sérieuse question de fond se pose ici. Celle du respect de la démocratie et de la République. L’état doit prendre ses responsabilités. Il est impossible de laisser des représentants d’institutions bancaires mentir impunément à des parlementaires, représentants du peuple par qui ils sont élus…

Les propositions et les solutions existent. Ce qui manque c’est le courage et la volonté politique d’en finir avec un système. Il faut aller au fond des choses.

Une des premières urgences : mettre en conformité la liste des paradis fiscaux au niveau européen. L’évasion fiscale organisée à grande échelle n’est que le résultat d’une Europe néo-libérale où la concurrence est érigée en dogme avec comme conséquence première le dumping social favorisant l’évasion fiscale.

Saluer le travail des lanceurs d’alertes, comme vient de le faire François Hollande, c’est bien. Mais mettre en œuvre des dispositifs législatifs à même de les protéger c’est mieux. Dans un monde où l’opacité est érigée en règle d’or, le travail de ces lanceurs d’alertes est bénéfique pour la démocratie. Les paroles ne suffisent plus, il faut des actes.

Alors plutôt que faciliter les licenciements et de fragiliser encore plus les droits des salariés avec le projet de loi El Khomri, il faut mettre fin au règne tout puissant des banques et des multinationales. Il est impératif de réorienter ces sommes vers les besoins réels de la population. Cet argent, issu du travail de millions de personnes, doit être utilisé pour créer de nouveaux services publics, favoriser la création d’emplois et augmenter les salaires. Créées par le plus grand nombre, ces richesses doivent profiter à tous !

Enfin, dernier élément, et pas des moindres, si on analyse le rapport entre les sommes concernées par l’évasion fiscale et le montant des dettes publiques, l’austérité ne serait aujourd’hui plus justifiée. Au regard de cette information on comprend mieux pourquoi de nombreux responsables politiques cautionnent l’évasion fiscale.

Alors retirons immédiatement le projet El Khomri, et inscrivons en urgence à l’ordre du jour du parlement la proposition de loi contre l’évasion fiscale. Les déclarations d’intentions cela suffit, nous voulons des actes concrets.

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